Dimanche 8 avril 2007
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De Isabelle Thomas, candidate en Ille-et-Vilaine (7e circ) | 6 avril 2007
Encore dans la rue, les enseignants ? Non ! Toujours à la rue, plutôt. Ils manifestaient contre les dernières mesures prises, en pleine campagne présidentielle, par Mr. Gilles de Robien, le Ministre de l’éducation nationale, ancien bras droit de Mr. Bayrou. Bien évidemment, les candidats ont tous des « programmes » pour l’école ; mais on ne peut pas entretenir la confusion entre les propositions conservatrices de la droite et les propositions progressistes de la gauche.
Comment, en effet, croire les propositions de Mr. Nicolas Sarkozy en matière d’éducation, alors qu’il fait partie du gouvernement qui lamine l’enseignement public en France ? Comment faire confiance à Mr. François Bayrou quand on se rappelle que, Ministre de l’éducation nationale, son principal succès fut de faire défiler un million de personnes dans la rue, contre son projet de remise en cause de l’équilibre entre l’école publique et l’école privée ? équilibre gravement compromis, déjà, par la droite alors à la tête des régions comme la nôtre : suppression des postes de surveillants, aggravation des conditions de travail des professeurs. Autant de mesures qui développent sciemment l’échec scolaire, et permettent ensuite de justifier l’existence des inégalités entre ceux qui « possèdent » et les « inemployables » ?
Désormais, il faut très vite une politique résolue, qui garantisse l’égalité des chances devant l’avenir à tous les enfants de la République. Car l’échec scolaire ne sera pas endigué par une stricte logique comptable et financière. Il faut en cette matière une politique de solidarité qui redonne au service public d’éducation nationale, les moyens qui lui ont été confisqués, pour être redistribués de façon strictement opaque vers des dispositifs commerciaux de formation.
Mme Ségolène Royal a fait de nombreuses propositions dans ce sens en annonçant notamment : la gratuité totale de l’école républicaine, un soutien individualisé des élèves en difficulté, un plan pluri-annuel de recrutement des personnels administratifs et enseignants. Bref, un PACTE DE Révolution éducative !
Elle a évidemment annoncé que son Ministre de l’éducation nationale supprimerait les décrets de Robien, et qu’il rétablirait les 5000 postes d’enseignants supprimés en 2007.
Dans une République sociale l’égalité passe par la seule dette que des enfants et des jeunes gens doivent contracter pour se former : la dette à l’égard de la République, qui leur offre les moyens d’être eux-mêmes ; et non pas la dette bancaire, que la droite souhaite offrir aux lycéens ou aux étudiants pour financer leurs études.
République citoyenne ou république des banquiers, République sociale ou république marchande : les présidentielles portent cet enjeu là aussi.